Skip to content

Crime de lèz élites.

11 décembre 2015

On ne peut parler d’élite (dans le sens de virtuosité, d’excellence) que lorsque les différences sont réelles. Si nos élites sont dénigrées et vues comme illégitimes c’est donc que le peuple estime que leur élévation au milieu des autres n’est pas due à des savoirs et qualités réelles. On remarquera que la question ne se pose pas pour un sportif. Les savoirs et qualités requises pour gouverner sont donc vues comme irréelles. Mais est-ce étonnant quand tous les savoirs nécessaires à la charge de gouverner avec virtuosité et excellence ne sont pas enseignées avant l’université? Et que donc ces savoirs restent méconnus de la grande majorité du peuple? Evidemment non. Ce qui est inconnu reste irréel. Qui plus est les savoirs enseignés avant l’université sont tous et de plus en plus rabattus sur la vie animale, les objets. Car dans une société ou le dogme scientifique fait office de culte seuls les objets accessibles aux sciences de la nature sont réels. Ainsi on crée des adeptes du culte qui dénie aux autres savoirs toute réalité. Art, droit, philosophie, religion ne survivent que dans la mesure où ils sont moulés dans la manière d’être scientifique et donc dénaturés. Or ce sont ces savoirs qui fondent le gouvernement des hommes, la politique.

Ainsi on peut voir que les élites qui doivent maitriser ces savoirs non purement scientifiques font deux erreurs. Ils essaient de ramener ce savoir dans leur pratique quotidienne à du scientifique ce qui les éloigne de l’excellence et de la virtuosité. Ils promeuvent une société toujours plus scientifique qui ignore toujours plus les autres savoirs. Ils scient donc deux fois la branche qui les soutient. Que la cybernétique soit un outil de gouvernement pourquoi pas. Quelle soit le gouvernement c’est un crime.

Les élites croient toujours que les peuples n’ont pas à maîtriser les savoirs nécessaires à l’art de gouverner. Ils ont peur semble-t-il que la conquête du pouvoir soit bien plus ardue qu’elle ne l’est avec des ignorants. C’est leur troisième erreur, car si les peuples étaient instruits dans ces matières alors les gouvernants seraient ceux qui excellent, ceux dont la virtuosité ne seraient jamais questionnée. Ainsi ils promeuvent eux-même la médiocrité dans leurs propres rangs, justifiant d’autant le jugement des peuples. C’est le cercle vicieux (comme par hasard …).

Le vice fondamental des élites est donc tout politique. Déniant aux peuples une digne éducation de citoyen, il n’y a plus de citoyen et il n’y a plus de gouvernement. Ne reste que le comptage inhumain et le mesurage des maquignons. Les peuples ne peuvent voir comme admirables des gouvernants dont l’activité reste un mystère. Hors c’est justement ce que devraient provoquer les gouvernants chez les gouvernés, de l’admiration, et non pas de la méfiance devant leurs mystérieux agissements incompréhensibles. Le problème de nos sociétés n’est  donc pas un problème d’autorité mais un problème de légitimité.

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :