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Imagifiés.

26 février 2015

Les films/séries actuels ne sont pas violents; en cela qu’ils ne choquent presque personne; à par ceux suffisamment sensibles pour ressentir dans leur chair la violence. Films d’horreurs qui ne font que tressaillir les spectateurs. Car ils sont de la même facture que les reportages de guerres (sous différentes formes) diffusés à longueur d’antenne. Le même spectacle. Et les spectateurs sont des cadavres, au mieux des zombis.

J’ai compris que le monde était dans l’âge de l’abomination en accompagnant quelques adolescents voir le film Sin-City il y a bien longtemps. J’avais la gerbe, pas eux; je voulais partir; pas eux; c’était insoutenable; eux riaient. J’étais désespéré; ils ne l’ont même pas vu.

L’image simplifie, multipliant de fait les interprétations possibles; vouant l’esprit au jeu de miroirs, à d’innombrables comparaisons sans référence. L’image individualise sans accepter la totalité du sujet; elle est un scalpel éloignant de la personne. L’universelle personne meurt à chaque image. Toute raison meurt à chaque image. Plus de réel, de vérité, de pensée, de politique même à chaque image. Et une image n’explique rien puisque la raison en est éjectée; plus de modèle, plus d’origine; reste le néant, la sidération,l’immobilité, la mort par abstraction totale, par effacement du corps. La parole, l’écrit sont corporels pas l’image qui est toujours au loin.

Politiquement l’image éloigne le peuple (le corps électoral) de l’idéal représenté. Elle permet de manipuler les corps en les éloignant de la réalité physique/charnelle du roi. Elle seule permet de maintenir le mythe de l’homme providentiel seul/héros/sauveur/général etc …. Les discours ont d’autant plus d’effets qu’ils sont télévisés et en même temps est masqué le désir qu’exprime tout discours. Et le désir est toujours individuel; un projet individuel; que le discours essaie de rendre collectif. Devenant absolu par l’image et non le texte car l’auditoire n’a pas le temps de réfléchir, le projet individuel devient pouvoir absolu. Et universel sans plus avoir besoin d’imposer par la force les écrits. La encore les corps d’armées sont éjectés du réel. Preuve en est qu’on ne montre pas les corps des soldats morts.

L’homme de pouvoir devient légitime parce qu’il est sur la photo, parce qu’il est mis en valeur par l’image. Il a le pouvoir parce qu’il est le plus représenté. La lutte pour la présence imagée est la lutte pour le pouvoir, le reste du pouvoir n’a plus à être expliqué, vérifié, validé par aucune pensée; il n’y a plus aucun frein à l’expansion du pouvoir dans toutes les directions où il veut aller et prendre possession. Les hommes politiques deviennent des photocopies de leurs représentations imagées. L’image permet une cybernétique du pouvoir qu’il suffit de lancer dans une boucle positive pour prendre ou garder le pouvoir. Le droit est donc lui aussi contenu dans la représentation imagée qui fabrique le droit par rétroaction.

Ainsi l’image est la fin de toute liberté. En agissant sur l’implicite et plus sur l’explicite on contourne la réflexion et l’imagination, on supprime l’acte du choix, on installe le projet implicite à la place d’une multitudes de projets personnels, on conduit l’histoire la où les peuple ne veulent pas aller. Tout cela sans provoquer la moindre résistance.

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