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Nihilisme.

13 février 2015

On n’entend beaucoup parler du nihilisme depuis de si longues années. Mais qu’est-ce là donc?

Donnons-en, à tout seigneur tout honneur, la définition de  Nietzsche:

C’est un état psychologique. Il se manifeste/survient dans la suite de formes:

1ere : Quand on cherche dans tout ce qui arrive une sens qui n’y est pas. Celui qui s’en enquiert finit pas perdre courage. Il prend alors conscience du gaspillage de forces. Survient le tourment du « en vain », l’incertitude, le manque de toute occasion de se reprendre, la perte de quoi que ce soit a propos de quoi se tranquilliser. Et la honte de soi-même, celle de s’être trop longtemps laissé abuser. Il comprend alors qu’à travers le devenir on ne vise plus rien,  on n’atteint plus rien. La désillusion à propos d’une fin/but au devenir voilà une cause du nihilisme. L’homme n’est plus collaborateur du monde et encore moins point central.

2eme: Quand ensuite on suppose une intégralité une systématisation une organisation  à l’intérieur de tout ce qui arrive et entre tout ce que arrive.  L’âme assoiffée d’émerveillement et de vénération peut alors se délecter de l’imagination/illusion/représentation d’ensemble d’une forme supérieure de maîtrise et d’administration de choses tout devenant alors réconcilié et pacifié, manière d’unité de monisme, croyance permettant l’appartenance à un tout qui dépasse l’homme infiniment; nouveau mode de la divinité. Hors de telle généralité il n’y a pas. Et l’homme a perdu la foi en sa propre valeur car il n’est plus traversé par un tout infiniment valorisé. Il a donc conçu un tel tout dans le seul but de croire à sa propre valeur.

3eme: Une fois les deux premières intuitions données, que le devenir n’est sensé tendre à rien et qu’au dessous du devenir ne règne nulle grande unité tel un élément de valeur suprême en quoi puisse plonger entièrement ce qui est particulier. Il ne reste alors qu’une échappatoire, condamner comme illusion tout ce monde du devenir et inventer un monde de fiction situé au-delà de celui-ci et qui fut le véritable monde. Mais dès que l’homme en découvre les  coulisses et s’aperçoit qu’il n’est bâti que de ses propres besoins psychologiques et qu’il n’avait aucun droit de procéder ainsi alors se lève la dernière forme du nihilisme.

4eme: Celle qui enveloppe l’incroyance en un quelconque monde métaphysique. S’interdisant la croyance à tout monde vrai. L’unique réalité acceptée est celle du devenir.  Il n’y a plus de chemin vers des possibles arrières mondes et de fausses divinités. Mais ce monde est insupportable et on n’a plus la volonté de désirer ce monde même.

On en est arrivé à l’absence de valeur de toute chose. Car on a compris que ce qui fait le caractère d’ensemble de l’existence ne peut être interprété ni à l’aide du concept de fin ou du concept d’unité ou du concept de vérité. De la sorte on arrive au rien, on n’atteint rien, l’unicité fait défaut dans la multiplicité du devenir; le caractère de l’existence n’est pas le vrai, c’est le faux; il n’y a plus de fond permettant de croire qu’il ait pu y avoir un monde vrai. Les catégories de fin d’unité d’être qui avaient ajouté une valeur au monde en sont retirées par nous-mêmes et le monde apparait alors sans valeur.

Voilà qui est assez clair. On y retrouve pêle-mêle la déprime contemporaine, les théories du complot, la novlangue, la propagande éhontée, la fin du monde, la non-valeur de la vie etc … Tout la modernité décrite en quelques phrases. Chapeau bas.

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