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Pensif

19 août 2016

D’aucun se demande régulièrement à quoi peut bien servir (si elle doit servir à quelque chose ???) l’étude sérieuse des textes souvent obscurs et toujours ardus qu’on étiquette avec la bassesse habituelle … philosophie. La même phrase eut pu être écrite à propos de la poésie, autre de mes dadas. La question comme dirait N. est-elle sérieuse et légitime? Que nenni. Et nulle explication ne suivra ce hululement chevalin au fond de la nuit.

Tout pensif devant l’écritoire, j’ose affirmer que la philosophie et son étude, que la pensée et son activité plurielle et labyrinthique ne servent qu’à une seule personne, le penseur lui-même car lui seul au contraire des utilisateurs innombrables de toutes les panoplies utilitaires ou moralinatrices, lui seul donc, perdu dans l’océan de bêtises qu’il brasse sans que cela mousse, lui seul donc cherche la réponse à une seule question bien tordue, bien filandreuse: Y-A-T-IL UNE SEULE PENSEE, RIEN QU’UNE SEULE QUI NE SOIT QUE DE MOI? RIEN QUE DE MOI, QUE PERSONNE JAMAIS N’AIT PENSEE?

 

Poème

28 avril 2016

J’ai vu sans regarder, bu sans rougir, avalé sans vomir.
Curieuse, cette menthe à l’eau sans goût.
C’est dans le journal; c’est le sujet à la mode.
La saveur s’est évaporée, restent les cendres.

Unis-tons

15 décembre 2015

C’est lorsque le trop plein d’être, de venance de être est maintenu en retrait par un monde en accord d’être et en s’accordant à être, et que celui-ci filtre l’avalanche  de présence que devient possible l’écoute de être par une présence du monde dans le monde et de soi-même humain au monde dans monde.
Dans ces circonstances être se montre en restant dans l’inaccessible du monde et tout est subjugué par être. C’est dans la subtilité de monde dont la manière d’être est filtrante sans amoindrissement, choix commun subtil, que être accédant à la quête de monde apparait sans apparaitre sans apparence. La complicité être, monde, on-même, nous-même installe un compagnonnage donnant l’à-côté-de des présents présentés. Etre ensemble n’est plus seulement humain, il est.
C’est ainsi que être-ensemble, le compagnonnage, la complicité sont chers à nous autres car ils nous souviennent de ces ères si brèves ou l’unisson fait son lit, son nid et accueille et recueille être, monde et humain. Conjonction où chacun provoqué provoque. Familiarité habitante et habitée dans des retraits différents dans un même retrait d’être. Danse fine sur la pointe dans une non-chute ayant à être finissante, vidée d’être, quelques résidus épars.

Crime de lèz élites.

11 décembre 2015

On ne peut parler d’élite (dans le sens de virtuosité, d’excellence) que lorsque les différences sont réelles. Si nos élites sont dénigrées et vues comme illégitimes c’est donc que le peuple estime que leur élévation au milieu des autres n’est pas due à des savoirs et qualités réelles. On remarquera que la question ne se pose pas pour un sportif. Les savoirs et qualités requises pour gouverner sont donc vues comme irréelles. Mais est-ce étonnant quand tous les savoirs nécessaires à la charge de gouverner avec virtuosité et excellence ne sont pas enseignées avant l’université? Et que donc ces savoirs restent méconnus de la grande majorité du peuple? Evidemment non. Ce qui est inconnu reste irréel. Qui plus est les savoirs enseignés avant l’université sont tous et de plus en plus rabattus sur la vie animale, les objets. Car dans une société ou le dogme scientifique fait office de culte seuls les objets accessibles aux sciences de la nature sont réels. Ainsi on crée des adeptes du culte qui dénie aux autres savoirs toute réalité. Art, droit, philosophie, religion ne survivent que dans la mesure où ils sont moulés dans la manière d’être scientifique et donc dénaturés. Or ce sont ces savoirs qui fondent le gouvernement des hommes, la politique.

Ainsi on peut voir que les élites qui doivent maitriser ces savoirs non purement scientifiques font deux erreurs. Ils essaient de ramener ce savoir dans leur pratique quotidienne à du scientifique ce qui les éloigne de l’excellence et de la virtuosité. Ils promeuvent une société toujours plus scientifique qui ignore toujours plus les autres savoirs. Ils scient donc deux fois la branche qui les soutient. Que la cybernétique soit un outil de gouvernement pourquoi pas. Quelle soit le gouvernement c’est un crime.

Les élites croient toujours que les peuples n’ont pas à maîtriser les savoirs nécessaires à l’art de gouverner. Ils ont peur semble-t-il que la conquête du pouvoir soit bien plus ardue qu’elle ne l’est avec des ignorants. C’est leur troisième erreur, car si les peuples étaient instruits dans ces matières alors les gouvernants seraient ceux qui excellent, ceux dont la virtuosité ne seraient jamais questionnée. Ainsi ils promeuvent eux-même la médiocrité dans leurs propres rangs, justifiant d’autant le jugement des peuples. C’est le cercle vicieux (comme par hasard …).

Le vice fondamental des élites est donc tout politique. Déniant aux peuples une digne éducation de citoyen, il n’y a plus de citoyen et il n’y a plus de gouvernement. Ne reste que le comptage inhumain et le mesurage des maquignons. Les peuples ne peuvent voir comme admirables des gouvernants dont l’activité reste un mystère. Hors c’est justement ce que devraient provoquer les gouvernants chez les gouvernés, de l’admiration, et non pas de la méfiance devant leurs mystérieux agissements incompréhensibles. Le problème de nos sociétés n’est  donc pas un problème d’autorité mais un problème de légitimité.

Beau-lement.

29 novembre 2015

La notion d’esthétique est de nos jours comprise comme science du beau. Ce beau comme objet scientifique reste malgré tout bien obscur. On peut l’approcher par un sens ancien (chez Kant) de l’esthétique, l’intuition. Qui est le préalable à la pensée.

Lorsque le soleil se couche par exemple, chacun s’es-beau-dit devant ce spectacle. Ici chacun intuitionne quelque chose qui le dépasse. Et donc qui l’englobe. Et nul ne veut que cela cesse. Ici un monde est présent, fait de gens et de cet environnement du couchant du soleil. Les gens séjournent en ce nouveau monde. Et comme tout monde il est éphémère et les séjournants de ce monde l’intuitionnent et restent figés, en suspend, espérant ainsi ralentir cette extinction. Les habitants savent pourtant bien que cela aura une fin.

Une fois l’astre disparu, le monde est mort et les ex-séjournants meurent aussi à cet être à ce nouveau monde qui était leur séjour, leur maison commune. Ils meurent et c’est un sursaut de vie qui les extraits de cette glace qui les enserrait.

Un quelqu’un qu’ils étaient est mort la, entre leurs bras. Un quelqu’un qu’ils étaient et qu’ils ont à peine eu le temps de rencontrer, de toucher. Un ami qui ainsi vient de disparaitre à tout jamais. Cette disparition leur jette à la figure leur impuissance face à la mort, leur fin inéluctable, une intuition de leur mort.

Les amoureux qui sont morts à cet ex-monde et à ce eux-même à peine aperçu ont maints moyens de revenir à la vie. Pour les autres l’appel des lumières des lieux publics est irrésistible. Mais à tous reste une nostalgie d’un monde complet, habité. Cet être ensemble auprès duquel ils cherchent refuge est la seule consolation à tous ces cataclysmes.

Le beau du couchant rend compte, raconte cet intuitionnement de la présence éphémère, englobante et mortifère de ce nouveau monde clairement déterminé ici.

Ferraille.

29 novembre 2015

Fer à repasser tombe souvent ces derniers temps.
Appareils d’électro-ménager traversant l’azur, parce que bon dès qu’il y a gros nuages et gros éclairs, la canette volante explose sous les colères de Zeus ou de Poséïdon.

Couteau à ciel, pas de sang mais cicatrice; certains jours le quadrillage est tel que le ciel semble avoir été passé au grill.

Filair.

26 novembre 2015

L’errance, corollaire de la fuite de soi dans les multiples activités passe-temps, est un dédale. Le on-vit est un labyrinthe et toute agitation est vaine. Il faut un fil d’ariane pour en sortir. Revenir à la source pour être à même de s’ouvrir à des possibles et passer par des ouvertures inconnues.
Dans le labyrinthe il n’y a pas de mystère. La vie des on, des nous supprime le mystère en échange d’une sûreté illusoire.